Les 4C de la réussite d’une recherche coopérative

 Le développement des partenariats entre acteurs public (laboratoire de recherche) et privé (entreprises) est au cœur de la politique publique de soutien à l’innovation. Cette orientation est apparue très clairement avec la mise en place des pôles de compétitivité et se poursuit dans le cadre des Programmes d’Investissement d’Avenir. Les PME sont directement concernées par la mise en place de ces bonnes pratiques collaboratives. Comment donner toutes ses chances à un projet de recherche coopérative dans lequel peuvent se retrouver des partenaires qui n’ont jamais travaillé ensemble, voire qui ne se connaissent pas, dont les objectifs et les contraintes peuvent diverger ?

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Le management de l’innovation peut ici utilement se nourrir des principes de management de projet et d’équipe.

 

 Cohérence

La cohérence d’un projet c’est d’abord la mise en adéquation des compétences apportées par chacun des partenaires aux les objectifs / livrables du projet. La cohérence, c’est aussi la mise en relation de ces objectifs avec les moyens mobilisés : quand bien même est-elle « publique », la recherche universitaire n’est pas gratuite, loin s’en faut. Elle nécessite des compétences, des outils et du temps. Dans ce processus de mise en cohérence, le rôle des chercheurs est de contribuer au bon dimensionnement du projet compte tenu de l’état des connaissances disponibles, d’identifier le champ des possibles, de délimiter les frontières du projet.

 Confiance

La confiance nait d’une connaissance réciproque entre les acteurs qui se va se construire dans le temps et selon diverses modalités. Elle est étroitement liée au respect des uns par les autres, à la volonté de tenir compte de la culture de l’autre et de refuser une quelconque hégémonie. Elle autorise l’expression en toute humilité de l’atteinte des limites d’un état de l’art dont le franchissement peut nécessiter d’autres moyens, d’autres compétences. Mais la confiance est aussi ce qui permet une prise de risque mutuellement acceptée parce que librement exprimée. Elle favorise le franchissement des frontières cognitives et permet d’aller explorer au-delà des limites initialement fixées tout en sachant que le résultat n’est pas garanti.

 Contrat - confidentialité

S’il est habituel de mentionner dans les contrats de recherche le contenu, la méthodologie, les moyens en revanche, il est tout aussi crucial de définir de façon satisfaisante pour toutes les parties les droits de propriété intellectuelle et les règles de confidentialité. On tient là un des points d’achoppement des projets (voire de leur montage) car la répartition des droits de propriété intellectuelle sur les livrables des projets (utilisation des résultats, dépôt de brevets ou autre, publications scientifiques...) se heurte aux potentielles divergences d’objectifs entre des chercheurs plus enclins à divulguer les résultats de leurs travaux dans le cadre de publications (sur lesquels ils sont évalués) et les industriels désireux de s’approprier les résultats des recherches conduites en vue de les valoriser économiquement.

 Coaching

La coopération dans un projet de recherche est une démarche qui doit être organisée, stimulée, animée... Dans cette optique, la qualité, l’expérience, la disponibilité, l’implication, la légitimité du porteur du projet, doivent être sans faille et les rôles de chacun clairement attribués dès le départ.

 

L’exemple du projet Innovation pour la Maitrise du Perçage Assemblage du Carbone Titane » associant DIAGER, AIRBUS et l’UTBM.

Dans la précédente newsletter nous évoquions la stratégie partenariale de l’entreprise DIAGER avec son Directeur Commercial et Technique et ses deux responsables R&D. Nous avons recueilli l’avis du porteur universitaire de ce projet, Daniel Schlegel, alors enseignant-chercheur à l’UTBM. Il évoque avec enthousiasme cette expérience où l’enrichissement cognitif a été réciproque, l’université de technologie apportant ses compétences méthodologiques, réflexives et de structuration des problèmes et des démarches, tandis que les industriels apportaient leur expérience, leur connaissance des outils en contexte.

Il exprime aussi la frustration, bien connue du chercheur, de n’avoir pu franchir un saut technologique et regrette l’absence de possibilités de valoriser scientifiquement la recherche compte tenu des conditions initiales du contrat imposées par Airbus. Il souligne également sa difficulté, en tant que « project manager » manquant d’expérience, d’impliquer de façon équitable les partenaires.

 

Pour aller plus loin http://www.investissement-avenir.gouvernement.fr/

Contact .Fabienne PICARD : fabienne.picard@utbm.fr

 

Les 4C de la réussite d’une recherche coopérative
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